Porter les courses vous fatigue plus qu’avant ? Vous vous relevez du canapé en grimaçant, et votre ventre s’installe alors que vous n’avez rien changé à votre assiette ? Ne mettez pas ça sur le compte de « l’âge qui vous rattrape ». Le plus souvent, c’est votre masse musculaire qui s’effrite en silence. Et c’est l’un des chantiers les plus rentables à ouvrir après 40 ans, périménopause et ménopause comprises. Bonne nouvelle : il n’est jamais trop tard pour s’y mettre.

Ce qui se joue dans votre corps après 40 ans

À partir de la quarantaine, on perd peu à peu de la masse et de la force musculaires. C’est la sarcopénie. Chez la femme, la perte s’accélère autour de la périménopause et de la ménopause, parce que la chute des œstrogènes agit à la fois sur les muscles, les os et la répartition des graisses.

Le muscle n’est pas seulement là pour vous faire bouger. C’est un organe métabolique à part entière : il capte le glucose sanguin après les repas, ce qui compte beaucoup pour la glycémie. Il libère aussi des messagers, les myokines, qui dialoguent avec le cerveau, les os et le système immunitaire. Et il consomme de l’énergie même au repos. Moins de muscle, c’est donc un métabolisme plus lent, des os plus fragiles et une résistance moindre aux aléas de la vie.

La force musculaire, un marqueur de santé à part entière

Une grande étude américaine publiée en 2026 dans JAMA Network Open a suivi plus de 5 400 femmes âgées de 63 à 99 ans pendant environ huit ans. Celles qui avaient la meilleure force de préhension, mesurée au dynamomètre, présentaient un risque de décès nettement plus faible (-33 %) que les femmes les moins fortes. Le constat est le même pour la vitesse à laquelle elles se levaient d’une chaise (-37 %), et l’association tient même en tenant compte de leur niveau d’activité physique.

Restons honnêtes : il s’agit d’une étude d’observation. Elle montre une association, pas un lien de cause à effet. Mais elle rappelle une chose simple :

Conserver sa force, c’est préserver son avenir.

Deux séances de renforcement par semaine : le repère de l’OMS

L’Organisation mondiale de la santé recommande des activités de renforcement musculaire touchant les principaux groupes musculaires au moins deux jours par semaine, en complément de l’endurance. Vous n’avez pas besoin de salle de sport : 20 à 30 minutes suffisent pour démarrer. Au début, la régularité compte bien plus que l’intensité.

Renforcement et densité osseuse après la ménopause

Après la ménopause, la densité osseuse chute plus vite. Une méta-analyse publiée en 2025 dans Archives of Osteoporosis, qui regroupe 40 études et plus de 2 200 femmes ménopausées, montre que l’exercice améliore la densité minérale osseuse au niveau de la colonne lombaire, de la hanche et du col du fémur. Les auteurs soulignent l’intérêt d’associer endurance et renforcement. Pourquoi ? Parce que les muscles qui tirent sur les os les sollicitent, et c’est ce stimulus mécanique qui les maintient solides.

Les réglages qui font la différence

La surcharge progressive

Pour qu’un muscle progresse, il doit être légèrement challengé. Quand une série devient facile, ajoutez quelques répétitions, une charge plus lourde (haltères, élastiques, bouteilles lestées) ou un mouvement plus exigeant, comme passer du squat sur chaise au squat libre. Avancez par petites étapes, et privilégiez toujours une exécution propre.

Les protéines à chaque repas

Après 40 ans, le muscle répond moins bien au signal de construction apporté par les protéines. Répartissez vos apports sur la journée : œufs, poissons, légumineuses, volaille, produits laitiers ou alternatives végétales complétées. L’ANSES rappelle l’intérêt d’une alimentation variée et équilibrée. Si vous avez un doute sur vos besoins, parlez-en à un professionnel de santé.

L’endurance en complément

Marche rapide, vélo ou natation restent précieux pour le cœur et le souffle. L’enjeu n’est pas de choisir entre cardio et musculation, mais de combiner les deux.

La récupération

Le muscle se reconstruit pendant le repos. Laissez 48 heures entre deux séances sollicitant les mêmes groupes, dormez correctement et hydratez-vous. La récupération fait partie de l’entraînement.

Les erreurs à arrêter tout de suite

La sédentarité prolongée

Même avec une séance de sport, rester assise des heures d’affilée joue contre vous. Levez-vous toutes les 30 à 60 minutes, prenez les escaliers, marchez en téléphonant.

Le tout ou rien

Se restreindre fortement tout en enchaînant le cardio, c’est le meilleur moyen de perdre du muscle plutôt que du gras, et de ralentir son métabolisme. Un cap régulier et nourrissant vaut mieux qu’un sprint d’un mois suivi d’un abandon.

Le mythe de la femme trop musclée

Beaucoup de femmes craignent de « prendre du volume ». Avec quelques séances par semaine, elles gagnent en tonus, en force et en stabilité, pas en masse volumineuse. Une gêne articulaire ou une douleur persistante mérite en revanche l’avis d’un professionnel.

Se lancer sans préparation

Sans échauffement ni apprentissage des gestes de base (squat, fente, poussée, tirage, gainage), on se blesse ou on se décourage. Prenez 5 à 10 minutes de mobilité, apprenez les mouvements avec un coach ou des vidéos fiables, et progressez à votre rythme.

Le mot de la fin

Vos muscles ne relèvent pas de la performance ni de l’esthétique. Ils forment un capital santé qui se cultive à tout âge. Commencez petit, avec deux séances de 20 minutes par semaine, et notez vos progrès : se lever plus facilement, porter sans souffler, monter les marches sans compter. Ces petites victoires sont celles qui changent une vie.

Vous voulez un plan adapté à votre histoire, à vos douleurs et à votre niveau ? C’est exactement ce que je construis avec les femmes que j’accompagne. Prenez rendez-vous pour faire le point.

À lire aussi : Foie et ménopause : ce que la science dit (et ce qu’elle ne dit pas)

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Sources

  • LaMonte MJ, Hyde ET, Nguyen S, et al. Muscular Strength and Mortality in Women Aged 63 to 99 Years. JAMA Network Open, 2026;9(2):e2559367 · JAMA
  • Hejazi K, Mohammad Rahimi GR, Hofmeister M. Impact of exercise modalities on bone health: a meta-analysis of aerobic, resistance, and combined training on bone mineral density in postmenopausal women. Archives of Osteoporosis, 2025;20(1):105. PMID 40715912 · PubMed
  • Organisation mondiale de la santé. Lignes directrices de l’OMS sur l’activité physique et la sédentarité, 2020 · OMS
  • ANSES. Repères de consommation et recommandations nutritionnelles · ANSES

Cet article est à visée éducative et ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un professionnel de santé. Avant de reprendre une activité physique, surtout en cas de problème de santé, demandez conseil à votre médecin.